Nous avons été accueillis par Madame Annie Raffin, Ingénieur de recherche à l’INRAE, qui nous a passionnés en nous entretenant de « l’amélioration du pin maritime ».
Gérer le programme d’amélioration du pin maritime consiste à créer des variétés améliorées sur cette espèce qui est cultivée est suivie sur des milliers d’hectares. Ce programme a débuté dans les années 60. Au départ il a fallu choisir des individus considérés comme remarquables dans les forêts de l’époque, sur lesquels ont été prélevés des greffons. Dès que les pins ainsi greffés sont devenus florifères, de très bons individus ont été croisés entre eux. Il en a été ainsi de leurs descendants. Ces sélections successives ont permis d’accumuler les gênes favorables sur plusieurs générations et de créer des variétés améliorées de pins maritimes.Quelques dizaines de bons parents regroupés dans une parcelle sous forme de descendants sont, soit semés soit greffés. Ils se multiplient et se reproduisent entre eux et donnent les graines améliorées.
Les recherches portent principalement sur l’amélioration de la productivité en bois, objectif principal de cette forêt cultivée, dont la croissance en volume . Elle porte également sur la qualité du bois et sur la santé des arbres.
Madame Raffin a ensuite évoqué, le problème du nématode auquel nous n’échapperons certainement pas.
Nous nous sommes ensuite rendus à l’arboretum de Castillonville sur les rares parcelles épargnées par le terrible incendie de cet été où nous avons eu la chance d’être guidés par Monsieur Fréderic Bernier, Directeur de la forêt expérimentale de Pierroton.
L’arboretum est un dispositif expérimental sur lequel on teste une grande diversité d’espèces. On cherche à comprendre les effets des changements environnementaux sur les processus biologiques en particulier sur l’adaptation aux événements extrêmes au stade juvénile. Parfois un arboretum peut être utilisé en tant que sentinelle pour étudier les invasions biologiques. La recherche des espèces à tester s’effectue donc dans les régions de pays plus chauds plus secs.
Chaque espèce est ici représentée par 12 individus. Plusieurs sont munis de capteurs enregistrant les variations journalières de la vie des arbres.
L’après midi après un déjeuner à la cantine de l’INRAE nous nous avons été reçus par Monsieur Saugnac et par sa fille sur une parcelle d’essais à Belin. Ces essais sont réalisés dans le cadre du projet Climaq et ont été impulsés par Jean-Raymond Liarçou en 2011 alors qu’il était Ingénieur Forestier au Centre National de la Propriété Forestière. Là les nombreuses parcelles d’essais couvrent chacune un quart d hectare.
Nous y avons été reçus par Monsieur Sébastien Barré, technicien à ce même CNPF, qui a commenté, graphiques à la main, les résultats déjà constatés.
Il ressort de l’étude ces deux parcelles portant toutes les deux sur des feuillus et des conifères, que seuls les pins, et principalement les hybrides landes corse et landes Maroc tirent leur épingle du jeu. Les feuillus y sont en situation de survie à l’exception peut-être du chêne liège.
Ces deux stations forestières sont caractéristiques des sols landais : sol sableux contenant environ 95% de sable, très acides et très pauvres en éléments minéraux notamment en phosphore qui est très utile aux arbres forestiers. La nappe phréatique affleure à la surface l’hiver et disparait à une profondeur d’environ 2 mètres, l’été occasionnant de sévères stress hydriques lorsqu’il ne pleut pas. La présence d’alios, une strate du sol indurée, présente souvent à environ 50 cm et parfois à moins peut fortement limiter l’enracinement. Ces caractéristiques de sols sont particulièrement discriminantes pour les arbres forestiers.
Merci à Jean-Raymond qui a organisé cette journée si intéressante, à Madame Raffin, à Monsieur Bernier et à Monsieur Barré qui nous ont accordé une partie de leur temps précieux , ainsi qu’à monsieur Saugnac et à sa fille qui nous ont accueillis sur leurs parcelles.